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L'infiltration est un acte souvent redouté, en raison de la piqûre en elle-même et par crainte de certains effets indésirables. Pourtant, elle peut apporter un soulagement prolongé en cas de tendinite.

Faisons le point sur cette technique et sur ses risques.

Infiltration contre la tendinite : caractéristiques

Une infiltration consiste à injecter un médicament directement au niveau d'une zone douloureuse. Pour soigner la tendinite, une affection caractérisée par l'inflammation d'un tendon, le médecin utilise un anti-inflammatoire dérivé de la cortisone. Dans certains cas, elle est réalisée sous contrôle radiographique ou échographique pour s'assurer d'injecter le produit au bon endroit.

La cortisone n'est pas directement injectée dans le tendon, car cela pourrait conduire à sa rupture. Elle est ainsi placée à proximité de celui-ci, ou au niveau de la gaine qui entoure certains d'entre eux, pour le poignet par exemple. Un produit anesthésiant (lidocaïne, bupivacaïne) peut également être ajouté pour endormir rapidement la zone traitée. Les infiltrations de corticoïdes sont généralement indiquées chez des patients qui ne peuvent pas prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) par voie orale, à cause d'un ulcère gastrique par exemple, ou en cas d'échec de ceux-ci. Elles ne dispensent pas d'une prise en charge par un kinésithérapeute en parallèle.

Les infiltrations peuvent ainsi être utilisées pour soulager :

  • une tendinite à l'épaule ;
  • une tendinite au niveau du coude, en cas de « tennis elbow » ;
  • une tendinite du talon d'Achille ;
  • une tendinite de la hanche ;
  • une tendinite du genou.

Déroulement

L'infiltration se déroule en cabinet médical, elle ne nécessite pas d'hospitalisation. La conduite d'un véhicule est interdite après l'intervention, il est donc nécessaire d'être accompagné. Elle se déroule ainsi :

  • Le médecin désinfecte dans un premier temps soigneusement la peau, pour limiter le risque d'infection.
  • Puis il recourt à l'injection proprement dite, qui ne dure que quelques minutes.
  • Une anesthésie locale est parfois pratiquée.
  • Il n'est pas nécessaire d'être à jeun.

Quelle efficacité ?

L'infiltration apporte généralement un soulagement au patient, qui peut se prolonger sur plusieurs semaines. Il existe des cas d'échec ; une seconde tentative peut alors être entreprise.

Mais cet acte ne facilite pas pour autant la guérison du tendon. Bien au contraire, des études montrent qu'elle a tendance à la repousser.

Effets secondaires de l'infiltration contre la tendinite

Réaction douloureuse

Si l'infiltration est destinée à diminuer la douleur associée à la tendinite, elle peut paradoxalement être responsable d'une manifestation douloureuse parfois sévère, qui dure un à deux jours après l'injection.

Le produit injecté est effectivement présent sous forme de petits cristaux à dissolution lente, afin d'obtenir un effet durable dans le temps. Mais si ceux-ci ne se dispersent pas correctement, les amas qu'ils forment peuvent déclencher une irritation, c'est-à-dire une réaction inflammatoire, qui se fait douloureusement ressentir. Pour l'atténuer, il est possible d'appliquer du froid et de prendre ponctuellement des anti-inflammatoires oraux.

Effets indésirables

L'infiltration de corticoïdes est associée à des risques potentiels :

  • d'ordre allergique, en réaction à l'un des composés injecté ;
  • d'infection : des douleurs, ou de la fièvre, qui se manifestent plusieurs jours après l'intervention doivent donner l'alerte et amener à consulter rapidement ;
  • au niveau esthétique : l'injection peut laisser une marque au niveau cutané, perte de coloration et dépression liée à la fonte des graisses sous la peau.

Des contre-indications ?

Les corticoïdes entraînent systématiquement une insulinorésistance mais pas toujours une hyperglycémie (certains patients auraient en effet génétiquement plus de capacités d’adaptation que d’autres). Quoi qu'il en soit, la prudence est de mise chez des patients qui présentent un diabète mal contrôlé. Il semble en effet essentiel que l’état glycémique des patients à risque de développer un diabète soit vérifié avant l’initiation d’une corticothérapie.

Cela est encore plus vrai en cas de traitement à dose élevée et chez les patients présentant des antécédents personnels ou familiaux de diabète ou tout autre facteur de risque de diabète (âge, poids, présence d’une insulinorésistance ou d’un défaut de sécrétion d’insuline, prédisposition génétique...).

La grossesse n'est quant à elle pas une contre-indication à cet acte. Par ailleurs, de nombreuses méthodes permettre de prévenir l'apparition d'une tendinite, telle que l'acupuncture ou encore l'ostéopathie.

Ces pros peuvent vous aider