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La maladie de Buerger, aussi appelée thromboangéite oblitérante (TAO), est une affection des vaisseaux sanguins des bras et/ou des jambes. Elle se caractérise par l’inflammation de certains vaisseaux qui se bouchent, empêchant la circulation normale du sang dans les extrémités (pieds et mains).

Maladie de Buerger : qui est touché ? 

Les fumeurs sont les principales victimes de cette maladie : en effet, 95 % des personnes atteintes fument au moment du diagnostic (ou ont arrêté peu avant). Par ailleurs, la maladie de Buerger touche surtout les hommes jeunes, entre 20 et 45 ans (les hommes sont huit fois plus atteints que les femmes).

 

Diagnostic de la maladie de Buerger

La maladie de Buerger est difficile à diagnostiquer car elle ressemble à de nombreuses maladies présentant les mêmes symptômes. De nombreux examens sont généralement réalisés pour écarter les maladies similaires et mettre en évidence l’atteinte des petits vaisseaux des extrémités. De ce fait, le diagnostic peut être long à établir.

Analyses de sang

Une prise de sang est  réalisée pour contrôler la coagulation sanguine. La coagulation sanguine est un mécanisme qui permet d’arrêter les hémorragies grâce à la formation de caillots. Cependant, si le sang coagule trop, il peut boucher les vaisseaux. En cas de maladie de Buerger, la coagulation est normale et n’est pas responsable des symptômes.

Angiographie

L’angiographie est un examen qui permet de visualiser les vaisseaux sanguins, après injection dans le sang d’un produit dit de « contraste » qui permet de rendre les vaisseaux visibles aux rayons X. L’angiographie permet de révéler les obstructions des petits vaisseaux à l’extrémité des membres (les gros vaisseaux étant normaux). L’angiographie permet de voir des petites artères (ou artérioles) avec un aspect de spirale ou d’hélice (artères dites « hélicines »). Leur présence permet souvent de suspecter une maladie de Buerger.

Écho-doppler

L’écho-doppler est une technique qui permet d’étudier l’écoulement du sang dans les vaisseaux, et donc de repérer les zones où le sang s’écoule mal, comme là où les vaisseaux sont rétrécis. L’écho-doppler fonctionne avec des ultra-sons, comme l’échographie. C’est un examen totalement indolore.

Scanner ou IRM

Un scanner ou une IRM (imagerie par résonance magnétique) peut parfois être utilisé pour visualiser certains organes (comme le cœur) ou certains gros vaisseaux, et vérifier qu’ils ne présentent pas de lésions. Ces examens permettent alors d’écarter certaines maladies cardio-vasculaires.

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Symptômes de la maladie de Buerger

Les symptômes rencontrés sont les suivants :

  • Sensation de froideur ou d’engourdissement au niveau des jambes et des pieds.
  • "Phénomène de Raynaud " : les doigts sont pâles, froids, engourdis, puis bleus et enfin rouges et douloureux, en réaction au froid ou à une émotion. 
  • Douleurs intenses (de type crampes), engourdissement et fourmillements (paresthésies).
  • "Claudication intermittente " : au début ces douleurs surviennent après un effort (marche ou course) et disparaissent rapidement à l’arrêt de l’effort. 
  • Les ulcères ; ils se forment après un traumatisme souvent minime, et même parfois sans qu’il n’y ait de cause retrouvée, ceux-ci peuvent se nécroser (ou se gangrener), c’est-à-dire entraîner la mort des tissus, qui prennent une couleur noire (figure 1). Dans ces cas, une amputation de la zone atteinte peut être nécessaire.

Causes de la maladie de Buerger

Les causes exactes de la maladie de Buerger ne sont pas connues. Cette maladie est caractérisée par la survenue d’une occlusion (fermeture) des vaisseaux sanguins qui irriguent les bras et les jambes, associée à une inflammation de leur paroi. Une privation de sang explique les symptômes observés dans la maladie de Buerger.

Le tabac

Le tabac est presque systématiquement associé au développement de la maladie, mais on ne sait pas par quels mécanismes il la déclenche, ni pourquoi seule une très faible proportion des fumeurs sont atteints par cette maladie.

Conséquences de la maladie de Buerger

Les conséquences de la maladie de Buerger sont différentes d’un cas à l’autre. Elles dépendent du nombre et de la localisation des vaisseaux touchés par la maladie. Elles dépendent également de la précocité de l’arrêt du tabac par rapport au stade d’évolution de la maladie.

  • La maladie de Buerger peut perturber la vie familiale et être source d’anxiété chez le malade et ses proches.
  • Les douleurs sont parfois insupportables, nécessitant hospitalisations et arrêts de travail.
  • L’amputation : une amputation est un acte bouleversant, traumatisant par son caractère irréversible et mutilant. Il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’aide d’un psychologue lors de cette épreuve. Néanmoins, ces conséquences sont actuellement moindres grâce à l’amélioration de la fonctionnalité et de la légèreté des prothèses, de plus en plus adaptées et perfectionnées.
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Traitement de la maladie de Buerger

Il n’existe aucun traitement permettant de guérir de la maladie de Buerger. Les traitements mis en place permettent d'améliorer la qualité de vie des patients.

Soins locaux

Les soins consistent surtout en un nettoyage des plaies, à la pose de pansements gras (ou de pansements absorbants) et éventuellement à l’excision des tissus nécrosés superficiels (c’est-à-dire au « grattage » des zones noires et sèches).

Des antibiotiques peuvent également être appliqués sur les plaies.

Vasodilatateurs

L’Iloprost® : C'est l’un des traitements ayant fait ses preuves dans la maladie de Buerger. Administré par perfusion (voie intraveineuse), il permet de réduire la douleur, il favorise la cicatrisation et stimule souvent le développement d’une circulation artérielle dans un nouveau réseau (circulation collatérale) qui contourne le vaisseau bouché et permet à l’extrémité du membre non ou mal irrigué de ne pas évoluer vers la gangrène.

Effets indésirables :

  • Maux de tête
  • Malaises
  • Troubles digestifs (vomissements, diarrhée, douleurs abdominales)
  • Accès de pâleur et de rougeurs (flushs)

Autres médicaments

- Aspirine® : l'aspirine sera utilisé pour ses propriétés d'antiagrégant plaquettaire, ce qui permet de limiter la formation de caillots. 

- Héparine : anticoagulant permet de fluidifier le sang et limiter la formation de caillots.

- Streptokinase ou d’Urokinase :  l’injection de ces substances, directement dans l’artère malade, entraîne la destruction du caillot, ce qui permet d’éviter certaines amputations. Mais l’efficacité de ce traitement dans la maladie de Buerger n’est pas clairement établie.

Traitement chirurgical

Le pontage distal : il permet de restaurer une circulation normale, mais en cas de maladie de Buerger, comme de nombreux vaisseaux sont souvent atteints en même temps, l’opération est rarement possible.

Prévention de la maladie de Buerger

Arrêt du tabac

L’arrêt du tabac doit être complet et le plus précoce possible. Il permet, dans la majorité des cas, de diminuer les douleurs et d’arrêter la progression de la maladie. Si le malade continue à fumer, le risque de gangrène, et donc d’amputation, augmente. Cela étant, il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer et l’arrêt du tabac est toujours bénéfique, quel que soit le stade de la maladie. Il faut aussi savoir que la reprise du tabac, même après des années sans symptômes, entraîne souvent un réveil de la maladie et une nouvelle poussée évolutive.

Tabagisme

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