Sommaire

La maladie de Kienböck correspond à la nécrose d’un os du poignet. L’interruption d'apport sanguin à un tissu engendre une souffrance tissulaire ischémique jusqu’à sa mort : la nécrose.

Maladie de Kienböck : généralités

La maladie de Kienböck concerne le poignet ou carpe.

Carpe

Le poignet est un assemblage de huit osselets regroupés en deux rangées.

La première rangée forme une chaîne unie par des ligaments puissants, autorisant les mouvements de torsion : le scaphoïde, le semi-lunaire, le pyramidal, le pisiforme.

La deuxième rangée carpienne, rigide, est coincée entre la première rangée et la base des métacarpiens, os de la main : le trapèze, le trapézoïde, le grand os, l’os crochu.

Le poignet est une articulation mobile, dans tous les plans de l’espace.

Ischémie osseuse

Ces osselets, comme tout tissu organique nécessitent un apport sanguin nutritif, fourni par de très petites artères ou artérioles. En cas d'interruption de l'apport sanguin, l’os subit une ischémie et se nécrose.

Le mécanisme de la maladie de Kienböck n’est pas clairement défini. On a émis l’hypothèse d’une compression de l’artériole irriguant l’os concerné, par hyper pression au sein du carpe.

L’hyper pression peut être causée par un manque de place au sein du carpe, secondaire à une inégalité de longueur des os du bras : radius et ulna (anciennement dénommé cubitus).

Deux osselets sont le plus souvent intéressés par ces processus de nécrose : le semi-lunaire, plus rarement le scaphoïde.

Le poignet est une articulation très sollicitée au quotidien, notamment par les métiers manuels.

 

Symptômes et traitement de la maladie de Kienböck

Le diagnostic de maladie de Kienböck repose sur des critères radiologiques.

Signes et symptômes

La maladie de Kienböck concerne volontiers l’adulte jeune. Les symptômes, peu spécifiques, sont les suivants :

  • douleurs au poignet, parfois localisée sur le semi-lunaire ;
  • raideur articulaire ;
  • perte de force de serrage.

Des examens radiologiques permettent de mettre en évidence la nécrose osseuse :

  • radiographies standards : fragmentations osseuses, parfois normales, notamment au stade précoce ;
  • IRM ou scanner du poignet : différence de contraste ou altérations osseuses.

Il arrive que le diagnostic soit tardif, du fait de la normalité des clichés radiographiques initiaux.

Traitement

Le traitement de la maladie de Kienböck est chirurgical.

Le choix de la technique dépend de différents éléments :

  • stade radiologique ;
  • existence ou non d'une inégalité de longueur des deux os de l'avant-bras ;
  • rapport avec l’os radial ;
  • âge et métier du malade ;
  • arthrose du poignet associée.

Si l’os concerné n’est pas trop abîmé, on le conserve :

  • ostéotomie du radius : diminution de longueur du radius pour l'égaliser à celle de l’ulna si une différence de longueur entre les deux os existe ;
  • découpe du grand os du carpe ;
  • revascularisation : greffe artério-veineuse sur l’os concerné par l’ischémie.

Si la nécrose osseuse est trop importante, on peut avoir recours à une prothèse osseuse.

D’autres techniques plus complexes prévoient une intervention sur des structures adjacentes : dénervation du carpe ou évidemment (retrait d’os spongieux) de la partie distale du radius (proche du poignet).

La maladie de Kienbock nécessite une prise en charge par un spécialiste orthopédiste.

Ces pros peuvent vous aider