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Le cerveau est le chef d'orchestre de notre corps et, en cas de lésions, c'est l'ensemble de l'organisme qui s'en ressent. Le syndrome thalamique est une parfaite illustration de ce rôle essentiel. Découvrons ce qui le provoque, la manière dont il se manifeste et les pistes thérapeutiques qui peuvent atténuer ses effets.

Syndrome thalamique : définition

Le syndrome thalamique correspond à un ensemble de symptômes qui se manifestent lorsqu'une partie du cerveau, le thalamus, a été endommagée.

Celle-ci est constituée de deux masses ovales de substance grise (constituée du corps cellulaire des neurones), située chacune dans un des hémisphères, dans les couches profondes du cerveau.

Ce syndrome a été décrit pour la première fois en 1906 par deux neurologues français, Joseph Jules Dejerine et Gustave Roussy.

 

Causes du syndrome thalamique

Le syndrome thalamique peut survenir dans différents contextes et notamment :

  • après un accident vasculaire (AVC) ischémique, provoqué par l'obstruction d'une artère, ou hémorragique, qui se produit en cas de rupture d'un vaisseau sanguin du cerveau. Les tissus cérébraux ainsi privés d'oxygène subissent des dommages irréversibles ;
  • suite au développement d'une tumeur cérébrale ;
  • en cas de maladies dégénératives (Creutzfeldt-Jakob par exemple) ou infectieuses.

Symptômes du syndrome thalamique

Le syndrome thalamique se manifeste par différents signes :

  • Dans un premier temps, la personne ressent des sensations inhabituelles dans une moitié de son corps (du côté opposé à la partie du thalamus ayant subi les lésions) : une perte de sensibilité, des engourdissements, des fourmillements...
  • Puis, de manière retardée après plusieurs jours, mois ou parfois même années, des douleurs apparaissent. Elles sont continues et peuvent être très fortes, voire intolérables, en particulier après une stimulation qui ne déclencherait pas de douleurs chez une personne non affectée : un simple contact, un changement de température... ou même la perception d'un son particulier, la vision d'une image ou le fait de ressentir une émotion forte. Les sensations de brûlure prédominent ; les manifestations douloureuses peuvent être ressenties uniquement dans un membre ou toucher une plus vaste zone.
  • Des troubles moteurs : les patients ont des difficultés à coordonner les mouvements, des mouvements anormaux se manifestent, ainsi qu'une perte de force musculaire, une démarche hésitante (à petits pas), la main adopte une position anormale (on parle de « main thalamique »).
  • Des troubles du langage peuvent être associés, lorsque la partie gauche du thalamus est touchée. Ils peuvent revêtir des formes différentes : des paraphasies fantastiques : la personne s'exprime de manière inhabituelle, poétique et imagée ; une difficulté à comprendre les mots écrits ; un débit de parole plus lent et une voix basse.
  • Des troubles de la vigilance, pouvant aller d'une simple somnolence à un état de coma profond.

Syndrome thalamique : traitement

Les douleurs qui accompagnent le syndrome thalamique ne cèdent pas face aux antalgiques de palier I (les moins puissants) ou aux anti-inflammatoires. Différents types de traitements sont utilisés pour tenter de soulager les malades :

  • des antidépresseurs : l’amitriptyline notamment a démontré sa capacité à atténuer, mais de façon modeste, ces manifestations douloureuses ;
  • des anti-épileptiques comme la carbamazépine ou la gabapentine ;
  • des antalgiques opiacés, mais dont l'usage reste controversé dans le cadre de ce syndrome au sein de la communauté médicale.

À côté de ces traitements médicamenteux, d'autres approches peuvent être tentées :

  • Les neurostimulations électriques transcutanées : des électrodes, collées sur la peau dans les régions douloureuses, transmettent un courant de faible intensité produit par un générateur pour stimuler les fibres nerveuses.
  • Les stimulations cérébrales profondes : des électrodes sont placées au niveau du cerveau pour stimuler certaines régions, avec une intensité contrôlée et pendant un laps temps déterminé. Cette méthode, très invasive, est réservée aux cas les plus extrêmes.

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