Pubalgie

Écrit par les experts Ooreka

La pubalgie, encore appelée syndrome algique abdominopubocrural ou syndrome pubalgique ou maladie du footballeur, désigne une douleur de la région pubienne. Cette pathologie figure parmi les douleurs musculaires et survient surtout chez les sportifs.

Qu'est-ce qu'une pubalgie ?

Cette pathologie chronique, décrite en 1932 chez un escrimeur par le Dr Spinelli, touche :

  • le pubis ;
  • la symphyse pubienne (articulation antérieure du bassin) ;
  • les muscles et tendons avoisinants.

La pubalgie survient chez les sportifs soumis à un entraînement intensif quotidien. Elle provoque des microtraumatismes répétés ou des contraintes trop importantes sur la zone pubienne. En outre, la pubalgie touche les hommes et les femmes, dans tous les sports. Cependant, les sports les plus concernés sont ceux à latéralité podale (qui sollicitent plus un pied que l'autre), c'est-à-dire :

  • le football ;
  • les sports de combat impliquant des coups de pied ;
  • le rugby, surtout pour les joueurs dont le poste nécessite une frappe au pied ;
  • l'escrime ;
  • les sauts en athlétisme ;
  • le trail, où la course rapide en descente impose un gros travail d'appui.

La pubalgie de la femme enceinte : le syndrome de Lacomme

Chez la femme enceinte, il existe un type particulier de pubalgie, appelé le syndrome de Lacomme. Ce syndrome très fréquent résulte des fortes contraintes sur le bassin et la symphyse pubienne au cours des derniers mois de grossesse. Les douleurs sont :

Le syndrome de Lacomme est pris en charge par :

  • du repos ;
  • des compléments vitaminiques (vitamines B1, B6, magnésium).

Il disparaît spontanément après l'accouchement.

Les causes de la pubalgie

radiographie de la pubalgie dimdimich / 123RF Banque d'images

La région pubienne est une zone anatomique très complexe, entre l'abdomen et les membres inférieurs. De ce fait, la pubalgie résulte :

  • soit d'un déséquilibre entre les forces des muscles adducteurs (muscles moteurs des hanches qui permettent de lever les jambes) et des muscles abdominaux ;
  • soit de la répétition de microtraumatismes au niveau du pubis.

De plus, la pratique d'un sport avec un appui sur un pied peut créer un déséquilibre entre le côté droit et le côté gauche, engendrant de fortes contraintes au niveau du pubis.

Diagnostic de la pubalgie

La description des douleurs et la pratique d'un sport à risque de pubalgie suffisent le plus souvent à établir le diagnostic. Les douleurs présentent souvent les caractéristiques spécifiques suivantes :

  • apparition généralement progressive ;
  • localisation au niveau du bas ventre, du pubis ou des muscles adducteurs ;
  • latéralisation fréquente à droite ou à gauche ;
  • irradiation vers les muscles abdominaux, le périnée et les testicules ;
  • diminution, voire disparition au cours de l'effort, augmentation après l'effort ;
  • durée de quelques heures à quelques jours malgré le repos ;
  • augmentation par la toux ;
  • impossibilité de pratiquer un sport, voire gêne dans les activités quotidiennes.

À l'auscultation, le médecin recherche le signe de Malgaigne (déformation de la paroi abdominale au niveau du creux de l'aine lorsque le sportif gonfle le ventre). En effet, la palpation de la symphyse pubienne est douloureuse au niveau des creux de l'aine. Par ailleurs, pour confirmer le diagnostic, on peut demander l'un des examens d'imagerie suivants :

  • radiographie ;
  • scanner ;
  • IRM ;
  • scintigraphie osseuse ;
  • échographie.

Prévention

La prévention peut fortement réduire la survenue et l'impact de la pubalgie, mais aussi les récidives. Elle repose essentiellement sur 3 notions :

  • une progressivité dans la durée et l'intensité des entraînements, notamment chez les plus jeunes sportifs ;
  • l'utilisation d'un matériel adapté et en bon état ;
  • un travail musculaire d'entretien de la musculature abdominale, basé sur une alternance de séances de musculation et d'étirements.

Les traitements de la pubalgie

Le traitement de la pubalgie est long. Il se base sur :

  • le repos (plusieurs semaines) ;
  • accompagné de rééducation (2 à 3 mois) visant à renforcer la sangle abdominale avec une reprise progressive du sport.

En fonction de l'intensité des symptômes, d'autres traitements peuvent être nécessaires :

  • des médicaments (anti-douleurs, décontracturants musculaires, anti-inflammatoires) ;
  • de la kinésithérapie ;
  • de la mésothérapie ;
  • des infiltrations ;
  • de l'ostéopathie.

Grâce aux prises en charge précoces, le recours à la chirurgie est aujourd'hui de plus en plus rare :

  • Elle n'intervient qu'en cas d'échec des autres traitements.
  • Elle est suivie :
    • d'une rééducation en 3 phases (antalgique, de rééquilibrage et de renforcement musculaire) ;
    • puis, d'une réadaptation à l'effort.

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